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La moitié des élèves de CM1 et CM2 se plaignent de maux de ventre parce qu’ils ne veulent pas aller aux toilettes à l’école, selon le rapport annuel de l’Observatoire national de la sécurité des établissements.
C'est en lisant ce dernier rapport de l'ONSE que je fais le rapprochement avec l'attitude de ma fille de cinq ans et demi, qui va systématiquement plusieurs fois aux toilettes juste avant d'aller à l'école, et qui est toujours pressée d'y retourner dès que la classe est finie. Comme je lui pose la question, elle me répond que la maitresse ne peut pas emmener tout le monde aux toilettes à cause de la sécurité, donc elle y conduit le groupe des "moyens" de la classe une fois par demi journée, et demande aux "grands" de se retenir...L'année dernière, le problème se posait déjà mais pour une autre raison; par souci de ne pas prêter à confiusion, l'instituteur de ma fille refusait quant à lui d'emmener les enfants aux toilettes, par crainte de parents soupconneux d'attouchements voire même de pédophilie à l'encontre de leur progéniture...
En pratique, ça donne quelques chiffres très alarmants: Au moins 50% des enfants jugent les toilettes "peu accueillantes" : l’odeur est considérée comme "mauvaise par près des trois-quarts" des écoliers (72,9%), le manque de propreté est signalé par 57% des écoliers. Pire : près de 14,5% des élèves avouent y avoir "déjà eu peur" : mauvaise fermeture des portes quand il y en a, puisque chez les petits on ne met pas de porte par souci de sécurité, voyeurisme des autres enfants, peur de la présence d’araignées, manque d’éclairage, problème de minuterie, sol glissant...
Michel Averous, pédiatre et urologue au CHU de Montpellier est également intervienu dans ce rapport sur le thème «troubles mictionnels, infection urinaire de la fillette et école : attention danger». Il relate le cas de la petite Julie, 8 ans, atteinte d’une infection urinaire chronique, parce qu’elle a appris progressivement à se retenir à l’école : la porte ne ferme pas, il n’y a pas de papier, une copine doit tenir la porte, on n’est pas à la maison. Et le Pr Averous conclut que cette pathologie représente un tiers des consultations en uropédiatrie, que cela pose un réel problème de Santé Publique.
Que faire? Participer et en tant que parents, prendre ses responsabilités, c'est à dire vérifier régulièrement l'état des sanitaires : il doit y avoir du papier toilette, de quoi se laver et s’essuyer les mains. Ce n’est pas toujours le cas pour des raisons que l’on peut comprendre, le gaspillage, entre autres. L’entretien des locaux, aussi, relevant de la compétence des personnels et du devoir des élèves de les garder propres. Si il y a des manquements, il faut s'adresser aux délégués de parents qui en parleront en réunion. C'est aux élèves aussi de respecter l’intimité des autres. Il faudrait améliorer la surveillance, mais force est de constater que l'école manque de plus en plus de moyens humains.... Enfin, l’accès aux toilettes doit être facilité, y compris pendant les cours.
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