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Sexualité et Culture - 1. Introduction

Valérie Cordonnier - 01/04/2008
Sexualité et Culture - 1. Introduction

L'étude de la Sexologie ne peut se concevoir indépendamment des implications historiques et sociales. Même si professionnels, nous sommes tous tributaires de nos expériences personnelles induites par celles de nos parents qui représentent pour nous une référence.

 

Nos comportements humains sont dictés par la recherche de situations qui doivent répondre harmonieusement à nos besoins. Pour réduire le conflit existant entre ses pulsions et les contraintes de son environnement, l'homme est appelé à suivre des processus d'identification et de projection afin de correspondre à la norme exigée par notre société. Celle-ci s'est octroyée pendant des siècles « l’exclusivité » de la vérité érigée sur la morale traditionnelle d'essence religieuse, en définissant ce qui faisait l’homme civilisé ou ne le faisait pas. Nous étions sous le régime mutuel de l’Eglise et de l’Etat, et tous ceux qui transgressaient les règles sexuelles établies étaient considérés comme des pervers. Le législateur veillait à corriger l'ordre «naturel» des choses. Jusqu'au début du XIXème siècle, le principal sexologue était le juge car il avait l'immense privilège d'avoir compris la nature!

 

Il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que les premiers sexologues, Félix Roubaud en France et Henri Havelock Ellis en Grande-Bretagne, rejettent cette conception égocentrique de la sexologie et regardent en toute liberté ce qui se passait ailleurs dans le monde. Le message d’Havelock Hellis qui nous apparaît aujourd’hui comme une évidence, a été de dire « tout le monde n'agit pas comme vous-même, vos amis, vos voisins. » Ce message fut la première  incitation à la tolérance en matière de sexualité. Et chacun put enfin s’en convaincre avec les études sur le comportement sexuel de ses compatriotes effectuées par Alfred Kinsey

 

Si les éléments recueillis ne peuvent être utilisés dans un but thérapeutique, les études d'ethnologie sexuelle apparaissent indispensables à tous les sexologues avant de pouvoir entreprendre l'étude des comportements sexo-psychologiques et sociaux de leurs compatriotes.

 

Prenons l'exemple des tabous. Ce terme, rapporté par l'explorateur  James Cook de son premier voyage en Polynésie, définit ce qui est interdit et sacré. Il avait remarqué que les Tahitiens ne connaissaient aucun tabou relatif à la pudeur, en effet, des couples de tous âges faisaient naturellement l'amour en public sous les encouragements des spectateurs, par contre ils s'isolaient et se cachaient pour prendre leurs repas; manger en public était tabou. Ainsi la pudeur peut être totalement étrangère au corps pour s'appliquer sur un objet ou un comportement comme celui de l'alimentation.

 

Nous pouvons ainsi multiplier à volonté les exemples qui concourent tous à démontrer que le tabou, ou la pudeur, ou la sexualité, sont des notions essentiellement subjectives. Nos tabous corporels furent sanctionnés par le péché, inspiré par la crainte. L'exhibition publique est l'objet de règles spécifiques destinées à s'en prémunir. Toutes ces prohibitions qui sont à l'origine de notre pudeur avaient avant tout pour but de favoriser l'exogamie et de combattre l'inceste.

 

De tous les tabous, celui qui fut le plus transgressé par les sociétés judéo- chrétiennes fut sans contestation possible la masturbation. Le péché d'onanisme est d’ailleurs évoqué par le biais du mythe d’Onan, du nom de celui qui fut condamné,à mort par Dieu pour avoir répandu sa semence à terre afin de ne pas féconder sa belle-sœur Tamar et donner une postérité à son frère décédé. On mesure ainsi la portée d’un tel tabou.

 

Dans leur majorité pourtant, les sociétés sont très tolérantes à l'égard de ces pratiques sexuelles; les adultes considèrent qu'il s'agit là d'une étape naturelle de l'évolution de l'adolescent, et parfois même, elle est fortement encouragée.

 

Mais si chez les adultes, la masturbation représente une forme « inférieure » de sexualité, on ne sanctionnera pas celui qui la pratique; on se cache toujours pour cette activité, mais on n'encourt pas les foudres du ciel ou la débilité mentale comme on l'enseignait dans nos pensionnats jusqu'à la publication des premiers rapports sur la sexualité qui démontrèrent que la majorité des adultes avaient pratiqué la masturbation au moins une fois dans leur vie. On prouva alors que ce n'était pas la pratique, mais au contraire le sentiment de culpabilité qui était à l'origine des principales névroses sexuelles.

 

C'est également en induisant la crainte et la souffrance que l'on a longtemps convaincu la femme qu'elle devait être exclue du plaisir sexuel, toute sa « vie sexuelle » devant être associée à la douleur. L'amour devait être pour elle un voyage qui commençait (rupture de l'hymen) et se terminait (accouchement) dans la douleur, elle n'avait le droit de rencontrer que son « devoir» conjugal.

 

Ce tabou de la virginité associé à la présence de l'hymen s'est appuyé sur des principes sacrés et religieux. La femme encourait le plus souvent la mort dans un sacrifice expiatoire: lapidation chez les Juives, enterrement vif chez les vestales romaines, etc. Il fut de surcroît renforcé par la «nature» physiologique. Les manuels de médecine recommandaient de donner de l'opium pour les nuits de noce, prescription à laquelle adhérait immédiatement la jeune épousée convaincue que la douleur était intolérable.

 

Aujourd'hui nous avons balayé tous ces tabous, nous redonnons au corps toute sa valeur en supprimant la honte qui lui était associée et en favorisant même son expression; nous accordons à la masturbation une valeur éducative et thérapeutique en considérant même que c'est une étape indispensable de l'évolution de l'individu dans l'intégration de son schéma corporel. La virginité n'est plus une qualité voire même un défaut, mais une simple formation embryologique qui ne vaut même pas la peine qu'on lui porte un quelconque intérêt. Surtout, la femme a recouvré ses droits au plaisir sexuel; on renforcera au besoin cette conviction en favorisant toutes les démarches qui lui permettront d'y parvenir.

 

Même la « propriété amoureuse » semble disparaître, nous en avons l'exemple dans les sociétés «échangistes » qui ont dépassé la jalousie possessive de l'autre en s'octroyant une auto-liberté

 

Bien sûr, nous avons peut-être de nouveaux tabous, mais précisément, on n'en parle pas, c'est tabou!


 




Mots clés : sexualite, culture
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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