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Que révèlent vos gribouillis ?

Sylvie Chermet-Carroy - 04/02/2008

 

Il nous arrive à tous de griffonner sur des bouts de papier sans y réfléchir. Au téléphone ou lors d’une réunion de travail ou même en écoutant une conférence, il est fréquent d’observer quelques griffonneurs qui n’hésitent pas à noircir du papier ou à agrémenter leurs prises de notes ! Un coup d’œil rapide vous montre des formes enjolivées, des fleurs, des tracés bizarres, du raturage ou quelque chose de vague qui vous fait dire « cela ne ressemble à rien » ! Et bien justement, ce n’est pas anodin ! Nos gribouillis aussi étranges soient-ils ont une signification. On peut apprendre à les déchiffrer. Ils révèlent toujours un aspect de la personnalité.
 
Pourquoi gribouille-t-on ?

 

Habituée dans le cadre de mes consultations à analyser les écritures d’adultes et les dessins d’enfants, je me suis demandée ce qui incitait à griffonner. Pour l’enfant, c’est très clair. Il exprime sa vie intime, ses peurs, ses émotions. Et très tôt il s’efforce de faire quelque chose qui ressemble à la réalité. Il part du gribouillis pour aller vers une représentation élaborée. Mais pour l’adulte, qu’en est-il ?  Etant donné qu’il ne s’agit pas d’un dessin mais d’un geste qui semble partir tout seul, sans préméditation, sans intention particulière, celui-ci aurait-il une signification ? D’autant plus que lorsque vous questionnez les habitués du griffonnage, vous les entendrez dire « qu’ils ne peuvent pas s’en empêcher » ! Soit cela les délasse, soit cela libère une colère (par exemple dans un entretien téléphonique un peu tendu). Ce geste  a donc une fonction : bien-être, détente, créativité, expression des émotions libération des tensions.

 

Victor Hugo barbouillait de suie et de café des griffonnages de toutes sortes, sur des couvertures de livres ou en marge de ses textes. Cela lui donnait une récréation disait-il, qui libérait sa rêverie et stimulait son imaginaire ! Il a tracé ainsi des quantités de formes abstraites ou concrètes. Et par exemple de nombreux ectoplasmes notamment lorsqu’il s’est  intéressé au spiritisme. Le griffonnage traduit ainsi des passions, des angoisses, des questionnements. Ils aboutissent aussi à une sorte de dialogue intérieur. Ils peuvent exprimer une obsession mais aussi en libérer les tensions. Dans tous les cas, c’est acte qui tend à dénouer ce qui est pénible, à libérer ce qui est pesant. Par ailleurs, la sensualité est présente dans le griffonnage. Une part de jeu, une notion de plaisir entrent en ligne de compte. Alors n’hésitez pas, laissez vous aller à griffonner si vous en ressentez le besoin.

 

Ces productions sont en général destinées… à être jetées. A tel point que lors de mon enquête sur le sujet, combien de fois ai-je reçue une réponse positive, voir enthousiaste pour alimenter mes recherches. Mais au moment de récolter ces dessins, très souvent, l’adulte avoue avoir jeté son griffonnage qu’il ne jugeait pas digne d’être donné pour ma recherche ! Ce n’est pas étonnant car ce tracé répond à une pulsion. Et il traduit des désirs, des secrets, la personnalité profonde. Le gribouillis d’adulte se situe aux confins du conscient et de l’inconscient. Il révèle aussi la personnalité dans ses aspirations, ses tendances, ses qualités, ses difficultés. Il est parfois un condensé du vécu.

 

Par exemple, Philippe (30 ans) qui ne dessine que des labyrinthes à l’image de la situation dont il cherche une issue. Les grandes ouvertures qu’il trace maintenant sur la droite (symbole du futur) signalent qu’il accepte maintenant de se prendre en mains. L’évolution positive de ses gribouillis annonce le changement en cours dans sa personnalité. J’ai en mémoire Marilyne (45 ans)  qui, lors d’une émission sur RTL me raconte son dessin répétitif : un visage de femme, toujours divisé en deux avec la partie gauche masquée et la droite qui est belle et sensuelle. La gauche (qui symbolise le passé) représente la partie de son histoire sur laquelle elle a mis un trait. Il s’agit de sa sensualité et d’elle-même en tant que femme, car c’est la caractéristique qu’elle a choisie consciemment ou non d’exprimer. Avec émotion, elle a compris ce qui l’amenait à tracer toujours ce même dessin. Symboliquement, elle fortifie sa volonté existentielle malgré un traumatisme ancien. Une fois la crise intégrée, il est possible que son dessin change.

 

Lorsque nous traçons tous ces dessins, il s’agit toujours d’un élan spontané. Regardez autour de vous, vous verrez que chacun a tendance à faire toujours les mêmes griffonnages, soit des courbes, des vasques, des carrés, des empilages…Il y a donc une sorte de choix inconscient ou de tendance personnelle pour telle ou telle forme. Quelle est en est la raison ? La clé est dans le symbolisme. C’est l’inconscient qui choisit.


Un témoignage de la vie intime.

 

Comment dessinait-on avant de savoir écrire? En s'interrogeant sur l'histoire du geste, en se penchant sur les toutes premières représentations graphiques de l'être humain, que découvre-t-on? Allons faire un tour aux racines de l’humanité : à l'époque de la préhistoire, la représentation de la femme se faisait par le cercle, la représentation de l'homme par le bâton ou par des tirets.

 

Puis le rectangle ou des lignes de petits points sont devenus des variantes de l'un et l'autre sexe. On retrouve aujourd'hui dans la représentation graphique de l'homme moderne, une symbolique analogue. Celle-ci apparaît dans les dessins autant chez l'enfant que chez l'adulte. Cette particularité est présente dans les formes libres comme dans l'écriture. Ce principe peut s'élargir au-delà du graphisme. Ainsi, les formes rondes, les contenants, les vases, sont en relation avec le ventre maternel. Ils représentent la femme, alors que les bâtons, les flèches, les armes pointues sont une représentation inconsciente phallique. On retrouve ces notions  dans les images publicitaires qui ponctuent notre vie de tous les jours, mais aussi dans la psychanalyse, dans les gribouillis de l’homme et de la femme du 21ème siècle.
 
A l'aube de l'humanité, loin d'être un système simpliste, la symbolique associait déjà des formes abstraites à des animaux, ainsi qu'à d'autres concepts. Ainsi les cavernes par elles-mêmes étaient considérées comme des symboles féminins. C’est vrai aujourd’hui sur un plan psychanalytique. Si le cercle et le bâton représentent de façon aisément compréhensible la différenciation des sexes, la stylisation et l'abstraction qui en ont découlé dès cette époque , ne sont pas sans intérêt. Cette forme de logique peut effectivement apparaître d'elle-même dans les griffonnages de l'homme moderne. Ainsi un adolescent qui dessine des objets phalliques (tels que bâton, avion, sabre, fusée ou des formes abstraites fuselées) traduit sa recherche d’identité masculine. Dans les griffonnages d’une femme, ces mêmes sujets expriment sa relation à l’homme ou un côté viril de sa part.

 

Les animaux assez fréquents sont souvent liés à la sexualité et à la sensualité. On connaît la symbolique du serpent qui exprime la libido mais au détour d’un stéréotype comme on en rencontre avec la tête de « Bug Bunny » ou de « Mickey » on perçoit aussi la timidité qui se cache derrière un portrait que tout le tout le monde connaît mais qui est factice. Ceci est souvent la marque des personnalités qui se cherchent et qui aimeraient communiquer avec plus d’aisance autant dans leur vie sociale que dans l’expression de leur sexualité.

 

Découvrir le sens de ce que l’on dessine en toute liberté est une possibilité de comprendre un aspect parfois ignoré de soi-même. Cela met l’accent sur une richesse en sommeil, sur un potentiel qui n’est pas toujours exploité. C’est parfois une rencontre ludique et profonde qui est libératrice.


 


Mots clés : gribouillis, griffoner, analyse d'écriture, Sylvie Chermet Carroy, personnalité, représentation

Bibliographie :

Ce que révèlent vos gribouillis (Sylvie Chermet Carroy)


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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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