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Quand jalousie rime avec pathologie

Valérie Cordonnier - 29/12/2007
Quand jalousie rime avec pathologie

La jalousie selon le Petit Larousse, est un sentiment d’inquiétude douloureuse chez quelqu’un qui éprouve un désir de possession exclusive envers la personne aimée, et qui craint une éventuelle infidélité.

Quand on tombe amoureux, on donne une place privilégiée à cette personne dans notre vie. Elle vient combler nos besoins affectifs et peut nous mettre en dépendance. C’est là que peut naître la jalousie amoureuse. Amour et jalousie sont donc souvent indissociables. En tout cas pour les femmes que j’ai eu l’occasion d’interroger. Sur un mode de boutade, elles sont coutume de dire que les femmes sont facilement jalouses car les hommes sont facilement infidèles.

Plus sérieusement, la jalousie est avant tout une émotion, qui n’est pas nécessairement malsaine. Si on analyse cette émotion, elle nous renseigne comme tout ce que nous pouvons ressentir, sur nos besoins fondamentaux et en ce sens, elle peut être constructive en amour notamment. Sans pour autant se transformer en possession ou en attitude destructrice ou morbide.

 

Quand la jalousie se développe et devient trop envahissante, elle est le reflet d’une préoccupation, d’un problème dans le couple, sur lequel il faut communiquer. Fantasme de trahison ou véritable infidélité, il faut exprimer ce sentiment pour qu’il ne devienne pas un poison. Cela permet de montrer à l’autre à quel point on l’aime, de toucher sa sensibilité. C’est en quelque sorte, à petites doses, une unité de mesure de l’amour que l’on éprouve.

 



A fortes doses, la jalousie envahit tout. On n’est plus dans l’émotion, mais dans des manifestations négatives de ressentiment, de volonté de culpabiliser l’autre, de colère, de suspicion, voire de harcèlement. On entre alors dans une relation pathologique, où le jaloux entraîne l’autre dans sa névrose, et achètent deux billets pour l’enfer.

 

Fabienne a rencontré François il y a 6 ans. Elle l’a bien senti un peu jaloux dit elle, mais elle prenait cela pour une marque d’amour, elle était rassurée de susciter ce sentiment fort, elle se sentait choisie, en sécurité.

Aujourd’hui, Fabienne ne sait plus quoi faire devant la jalousie de François.

Elle lui a demandé de venir me voir pour qu’il se « soigne », pour qu’il « guérisse ». Leur vie est devenue un enfer grâce aux soupçons perpétuels de François.

Selon Fabienne, ils ne sont pas fondés mais elle n'arrive jamais à le convaincre. Elle est dans une justification permanente. Il interprète le moindre regard qu'elle pose sur un homme comme une infidélité. Aussi est-elle toujours extrêmement prudente dans ses gestes et ses propos afin d'éviter toute ambiguïté. Même cette prudence lui est reprochée comme étant de la dissimulation. Lorsqu'elle parle d'un collègue ou d'un ami commun, il raille, laissant entendre qu'elle le trouve certainement plus attrayant que lui. Il suffit que sa conversation téléphonique soit brève pour lui faire croire qu'il s'agissait de son amant. S'il ne connaît pas son horaire, c'est sûrement qu'elle a un rendez-vous galant. Il téléphone 10 fois par jour à son bureau pour vérifier sa présence. Depuis un an, il est même devenu violent dans ses gestes. Fabienne a reçu plusieurs gifles…..Les soupçons à tout propos, les allusions blessantes à répétition, des gifles, des menaces, voilà ce que subit Fabienne pour une vie parallèle qu'elle n'a même pas!

 

Fabienne se persuade jour après jours qu’elle va calmer la jalousie de François en étant prudente et en le convainquant de son innocence. C'est pourquoi elle est prête à s'expliquer à l'infini. Et pourtant, elle est totalement fidèle, même si son amour s’effrite. Elle ne sait pas si c’est  à cause de la jalousie ou si ce sont plutôt ses insatisfactions grandissantes dans sa relation avec François qui ont usé son espoir d'être heureuse avec lui. Finalement, elle vit souvent de la culpabilité par rapport à ses sentiments à l'égard de son compagnon.

Elle ne flirte pas, comme il l'accuse de le faire, mais elle s'en veut de ne pas avoir de désir pour François et se reproche de ne pas l'avoir rendu plus heureux. Elle croit avoir contribué à ce qu'il soit maintenant si jaloux parce qu’elle se refuse souvent à avoir des relations sexuelles avec lui. Elle a peur de se projeter dans l’avenir avec lui, du coup, elle refuse de construire avec lui. Elle ne veut plus se marier ni avoir d’enfant, alors que ça viendrait « tout arranger entre eux » lui dit il.

Sa culpabilité la rend vulnérable aux reproches de François. Dans la mesure en effet où elle se refuse à assumer ce qu'elle vit réellement, elle est inconfortable devant les crises de son ami, se voyant plus ou moins responsable de son malheur

 

François quant à lui, n'aborde jamais ces problèmes avec Fabienne. Il ne s'arrête pas pour y réfléchir non plus. Il n'a jamais pensé non plus à prendre des moyens sérieux comme la psychothérapie pour travailler sur sa confiance en lui. Il se contente de ses deux tentatives où il l’a accompagné en montrant visiblement beaucoup de mauvaise volonté et une capacité à rejeter la « faute » sur sa compagne. Il se laisse miner par la peur que ses problèmes entraînent une rupture plutôt que de leur faire face, de les avouer et de mettre de l'énergie à les régler.

 

Quand je lui ai demandé qu’elle était la solution à sa jalousie, il a clairement désigné Fabienne tout en étant incapable de répondre. Il lui semble tout de même qu'elle devrait changer. « Elle devrait m'aimer davantage en étant fidèle, et en me le prouvant par des relations sexuelles et donc un enfant ».

 

Comme le jaloux typique, François ne pense qu'à éliminer ce qui le dérange. S'il n'y avait plus d'occasion d'éprouver de la jalousie, il serait un peu rassuré, plus tranquille. Mais l'équilibre qu'il recherche est impossible. Il est comme toute personne qui n'assume pas ses besoins, il est incapable de recevoir. Cette difficulté à combler ses besoins affectifs ajoute donc à ses raisons d'être jaloux. Non seulement il est incapable de s'avancer lui-même ouvertement pour prendre ce dont il a besoin, mais encore, il ne peut profiter de ce qu'on lui offre.

Mais il ne cherche pas davantage à comprendre sa difficulté à recevoir qu'il ne s'intéresse aux raisons intérieures de sa jalousie. Comme nous l'avons vu plus haut, il fait porter la responsabilité de son manque de réceptivité à Fabienne.

 

François est dans une telle impasse qu'il pense parfois quitter sa compagne. Il souffre du mal qu'il lui fait. Il rêve d'une vie avec une femme qui l'aimerait davantage, plus conformément à ses attentes. Mais dans son for intérieur il ne veut absolument pas la séparation. Un tel désir de continuer à être en relation malgré l'insatisfaction correspond souvent à un évitement de la solitude.


Mots clés : jalousie, amour, inquietude, trahison, infidelité, pathologie, prudence, innocence, culpabilité, faute,
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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