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Nos enfants désormais sous Prozac

Valérie Cordonnier - 12/02/2008
Nos enfants sous Prozac

Le trouble dépressif chez les jeunes enfants avant l’adolescence, et à plus forte raison chez les bébés, a longtemps été ignoré. La réalité clinique de cette pathologie n'a été reconnue qu’il y a une trentaine d’années.


En revanche, Mélanie Klein a développé le concept de "position dépressive" comme stade fondamental et normal du développement de l'enfant. Ce concept a fait l'objet d'une riche élaboration théorique.
Un consensus s'est peu à peu établi autour de l'existence de la dépression chez l'enfant Il a d’ailleurs été développé au Sénat en 1995 lors d’une conférence de consensus.

 

L'épisode dépressif de l'enfant présente une clinique particulière : face à un enfant en retrait, au visage souvent sérieux, peu mobile, ou à l'air absent, il faut savoir rechercher l'humeur dépressive. De même en présence d'un enfant décrit comme irritable, agité, opposant et insatisfait, il faut penser aussi à mettre la tristesse en évidence. Humeur dépressive et tristesse, caractéristiques de l'épisode dépressif, ne peuvent être perçues qu'à partir d'une écoute attentive et avertie. Il faut pour cela analyser le discours et le comportement de l'enfant, ainsi que les propos des parents.

 

Il est important que l'enfant déprimé soit précocement reconnu comme tel, mais il n’est pas nécessaire de faire preuve d'un activisme thérapeutique inconsidéré. Et c’est le rôle des médecins généralistes et des pédiatres qui prévaut, aussi bien au plan diagnostique que thérapeutique.

La période d'évaluation est en elle-même déjà un espace thérapeutique pour les enfants traversant un moment dépressif. Ce moment vient ponctuer leur développement, ou en réaction à un événement, ou à des difficultés repérables. La mise en évidence de la souffrance d'un enfant, sa prise en compte par la famille, la mobilisation qui en découle entrainent alors chez lui un soulagement le rendant plus réceptif à l'aide fournie par l'entourage.

 

A l'inverse, tout affect dépressif durable, résistant à cette première approche, justifie le recours à un avis spécialisé, afin que soient affinées l'appréciation de la structure de la personnalité de l'enfant et l'implication souvent inconsciente de ses parents.


Le médecin là encore reste l'interlocuteur privilégié de l'enfant et de sa famille pour rediscuter avec eux de cette évaluation et des indications de traitement proposées par le spécialiste consulté. L'objectif de l'approche psychothérapique n'est jamais d'obtenir une simple résolution symptomatique mais de créer les conditions favorables à l'élaboration psychique des difficultés traversées par le patient. La valeur du travail analytique se juge sur le long terme et un de ses buts essentiels est non seulement d'éviter l'installation durable d'un fonctionnement dépressif, mais aussi de prévenir les risques de rechute à l'adolescence et à l'âge adulte.

 

Compte tenu de la souffrance de l'enfant et des conséquences potentielles d'une humeur dépressive durable au plan de l'organisation de la personnalité et des acquisitions essentielles, les antidépresseurs peuvent dans certains cas prendre place dans une stratégie thérapeutique s'appuyant sur un diagnostic approfondi.


Mais tout clinicien finalement convaincu de l'opportunité d'une chimiothérapie antidépressive, à un moment donné de l'engagement thérapeutique avec un enfant déprimé, se doit d'en connaître les limites, les inconvénients, ainsi que les règles de prescription et de surveillance.

 

C’est donc dans cette optique que désormais, les enfants très dépressifs pourront être mis sous anti-dépresseurs. C’est une annonce qui a été faite ces jours derniers par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Elle a accordé une "extension d'indication" au Prozac qui était jusqu'à présent réservé aux adultes. Cette décision fait suite à l'autorisation de la prescription de Prozac aux enfants émise en août 2006 par l'Agence Européenne pour l'Evaluation des Médicaments (EMEA).

 

Les précautions d’usage évoquées plus hauts sont d’autant plus à prendre en compte, que des études menées sur des rats ont en effet mis en évidence que la fluoxétine pouvait entraîner des problèmes de croissance et de développement des organes sexuels. De plus, dans certains cas, le médicament peut entraîner des comportements suicidaires. L'EMEA a demandé aux laboratoires fabricant le médicament, de mener des études supplémentaires pour mesurer plus précisément les risques.

 

Dans quels cas un enfant pourra recevoir du Prozac ? « Lorsque 4 ou 6 séances de psychothérapie n'ont pas eu d'effet sur l'enfant » explique Nathalie Delau, chef de l'unité de pharmacovigilance de l'Afssaps. « Nous voulons attirer l'attention des professionnels de la santé sur le fait que la prescription n'est pas anodine, qu'elle doit être réfléchie et bien cadrée » poursuit la scientifique.

 

L'Afssaps recommande donc d'accompagner les enfants sous Prozac d'une surveillance particulièrement étroite visant à prévenir les comportements suicidaires et les problèmes de croissance et de développement pubertaire. En cas de traitement d'une durée supérieure à 3 mois, l'enfant devra être surveillé par un pédiatre endocrinologue.

 

Selon l'Afssaps, l'idéal serait que le Prozac ne soit prescrit que par un pédopsychiatre mais, face au manque de spécialiste, il est tout à fait possible que les médecins généralistes soient amenés à en prescrire aussi….

 


Mots clés : prozac, dépression, trouble dépressif chez l'enfant, suicide, tristesse, souffrance, indications thérapeutiques

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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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