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« Dois je payer mon psy en espèces ? »
« Pourquoi est ce important de payer mes séances en espèces ? »
« Est-ce que je peux exiger d’avoir un « rabais » si je paie en espèces, puis je penser que mon psy ne déclare pas l’argent qu’il reçoit ? »
La question du paiement des consultations en espèces est récurrente, que ce soit dans des réunions professionnelles de thérapeutes, ou chez les patients qui se renseignent au sujet d’une thérapie. Cependant, bien que fréquente, cette question ne fait l’objet d’aucun document, d’aucune information générée par quelques associations, syndicats, organismes que ce soit. Aussi, la réponse ne peut être que parcellaire, subjective, individuelle.
Voici les principales questions trouvées sur les forums destinés au grand public : « Pourquoi en espèces ? » « Pourquoi mon psy l’exige il ? » « Pourquoi est-ce important ? ». Les impressions qui en ressortent sont globalement négatives, celles d’etre grugé, d’alimenter une activité non déclarée par le psy, d’être infantilisé, de vivre un travail personnel pas si bien cadré que cela, etc.
Avant de poser la question du paiement, se pose la question du type de travail que nous faisons avec le patient. Beaucoup d’entre nous sont psychanalystes, et ont une autre activité, thérapie de couple, sexologie, psychothérapie, autant de « thérapies » qui ne se situent pas dans le champ psychanalytique. Le simple fait que le terme « psy » soit tombé dans le langage courant démontre bien que l’in ne sait pas bien ce que l’on met derrière ce mot « psy ». Coach ? Conseiller conjugal ? Psychanalyste ? Avec chacun le travail sera différent, et le temps que l’on y passera, l’implication, et donc le budget, seront différents.
Je regrette qu’il y ait peu de professionnels qui soient clairs avec les honoraires. Mais une chose est sure, la cure psychanalytique, quand elle est décidée, mise en place, après plusieurs rendez vous (de 4 à 6 séances), qu’elle a été mûrement réfléchie, et bien cette cure s’inscrit dans le cadre de l’intime, du secret. Pour fonctionner, la cure se déroule à un moment précis, c’est pour cela que les rendez vous sont toujours les mêmes, et que même absent à ce rendez vous, notre psyché à rendez vous avec la psyché de l’analyste.
La psychanalyse reste dans le principe de la cure sur ce qui a été mis en place par Freud, c'est-à-dire consacrer du temps, de l’argent à ce travail. Il s’agit d’un véritable engagement réciproque qui comprend des règles. Ainsi donc le paiement est du, pour toute séance manquée, tôt ou tard, on reste en dette avec son psychanalyste. Il y a 20, 30 ans, le problème du paiement en espèces ne se posait pas, parce que les analysants étant moins nombreux, les analystes également, et que tout ce monde en connaissaient les codes. L’intime impose le secret, notamment vis-à-vis de son banquier, de son conjoint, on règle donc sa cure en espèces.
Depuis, les thérapies se sont multipliées. Le danger est à mon sens de brouiller les cartes. A l’heure des polémiques sur le statut, la formation, et donc le professionnalisme notamment des psychothérapeutes, il me semble incontournable d’assainir et le discours, et l’attitude à ce sujet. D’autant plus qu’aucun autre professionnel de santé, médecin, kiné, infirmière, dont le titre est sanctionné par un diplôme d’état, n’a l’exigence de recevoir ses honoraires en espèces.
Certains thérapeutes sont en proie à une problématique de légitimité. Les formations sont qualifiantes, certifiantes, diplômantes, etc, mais ne sont pas toutes reconnues officiellement, loin de là. Il me semble donc particulièrement nécessaire d’officialiser les honoraires. La question de l’argent doit être abordée, et le fameux « transfert » n’a rien à voir dans l’histoire.
Ce que j’entends de la part de mes confrères : « la symbolique de l’argent est importante, il faut que le patient se rende compte qu’il me paye, que sa thérapie lui coûte. Il n’a pas ce sentiment en rédigeant un chèque ». « Quand la consultation est terminée, on repasse du temps pendant la rédaction du chèque »
Je crois que les choses peuvent être dites clairement. Notamment, une discussion autour de l’argent peut avoir des vertus thérapeutiques, alors ne nous en privons pas !
La question de l’argent reste une notion souvent taboue, cruciale pour tous. Pourquoi parasiter une consultation avec une arrière pensée ? Le patient n’ose pas demander pourquoi il doit payer en espèces. Ou quand il le demande, on ne lui répond pas, ou alors avec un très sibyllin : parce que. Il ne peut qu’extrapoler sur les raisons et cela vient à l’encontre de la qualité de l’entretien.
En conclusion, les thérapeutes ont tout à gagner à être clair sur ce sujet avec leurs patients.
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