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Communication entre mère-fille, quand l'évocation de la violence devient nécessaire.

Valérie Cordonnier - 03/06/2003

Madame F. se présente avec sa fille Sonia, 17 ans, pour une consultation de Conseil Familial.
Elle semble très nerveuse, inquiète, regarde sans cesse sa fille qui elle, en revanche, est très calme, lointaine, comme non concernée.
Les présentations n’ont pas le temps de se faire, Mme F. me dit d’emblée que « sa fille a été violée, qu’il faut faire quelque chose, qu’elle ne la voit plus, et que ça ne peut pas durer ».

Sonia proteste à peine, imperturbable, elle assure que sa mère « dit n’importe quoi »
Après un long moment d’échanges avec la mère et la fille qui ne semblent pas parler de la même chose, j’en arrive à l’explication suivante. Sonia a dit à sa mère qu’elle avait un petit ami, et celle-ci la trouvant trop jeune, « une enfant » dit elle, Sonia lui a dit qu’elle était sure de l’amour de son ami. En effet, elle l’a mis à l’épreuve en lui demandant ce qu’il ferait si elle le quittait. Il lui a alors répondu qu’il la violerait.
Madame F. s’est focalisée sur cette expression, « je te violerais », sans vouloir voir le « jeu » dans lequel était entré Sonia.

Pourquoi ce jeu de la part de la jeune fille ? Pourquoi cet excès de la part de la mère ?
C’est en leur expliquant la gravité de cette accusation : le viol, qui plus est aggravé puisque sur mineure, que j’en suis arrivée à avoir cette vérité. En m’exprimant à mon tour avec violence. En invoquant mon devoir de signalement.


Madame F. a 34 ans. Elle vit seule avec sa fille dans un quartier populaire, elle a des compagnons épisodiques, avec qui aux dires de sa fille, elle a des manifestations d’amour très bruyantes, qui se passent indifféremment dans sa chambre ou dans le salon. Souvent esseulée, Sonia a rencontré un jeune homme de 20 ans, qui est son premier amour. Elle s’absente parfois la nuit pour le retrouver. Elle estime normale cette « indépendance », sa mère ne se préoccupant pas d’elle quand elle reçoit ses compagnons. Elle explique qu’on ne lui demande jamais son avis, si ça la dérange ou non de voir des hommes venir voir sa mère. Elle souhaite vivre sa vie, comme sa mère ne se prive pas apparemment de le faire. Elle n’a pas d’autre famille que sa mère, du moins ne l’évoque pas. Elle n’a jamais vu son père qui ne l’a pas reconnue à sa naissance, elle parle de sa mère sans chaleur, minimisant sans cesse les peurs que celle-ci a pour elle. Elle est dans une totale revendication d’indépendance, d’autant plus qu’elle a d’excellents résultats scolaires, et le projet d’être éducatrice pour enfants.

Que vient chercher Madame F. dans cet entretien ?

Nous allons au fil du temps évoquer avec Sonia la violence dans les rapports amoureux chez les jeunes. La nécessité aussi de se préserver dans un monde difficile, où l’amour se prouve avec des menaces, où elle-même, pour montrer son amour à son ami à cru devoir envisager, accepter, cette « preuve » en étant violée. Mauvaise communication entre filles et garçons, qui rivalisent parce qu’ils n’arrivent pas à se parler.

Sa mère va prendre peu à peu conscience que Sonia est une adolescente comme beaucoup, ayant des relations sexuelles consenties, désirées, qui marquent son entrée dans le monde des adultes. Conscience également que son intimité doit être son jardin secret, et qu’elle doit faire preuve de discrétion. Non pas qu’elle doive se cacher, mais la sexualité de l’une ne concerne pas l’autre.

Madame F. et Sonia vont souhaiter revenir.

Comme la première fois Madame F. parle tout de suite, comme si elle avait besoin de ma présence pour s’obliger, pour parvenir à communiquer avec Sonia. Elle avoue à sa fille sa peur qu’elle ne vive la même chose qu’elle ; elle a été violée à l’âge de 17 ans et a eu un bébé, Sonia, sans jamais revoir ni connaître le père. Moment d’émotion intense, où pour la première fois la fille et la mère rompent la façade dressée entre elles. Et l’on comprend bien toutes les trois ce qui faisait planer l’ombre du viol, le « non dit » de la mère qu’inconsciemment sa fille avait « dit » en évoquant son histoire d’amour.

Il me parait important d'évoquer avec Sonia les liens d'amour avec son ami. La sexualité n'est pas à confondre avec l'amour. Au court de l'entretien, elle clarifie d'elle même sa relation avec son ami, prenant en compte peu à peu l'importance du respect mutuel. C'est aussi à sa mère de jouer un rôle dans l'explicitation de ce respect.

Nous aurons l’occasion de nous revoir une troisième et dernière fois, mais le dialogue est amorcé entre Madame F. et sa fille, ce qui était le premier objectif de ces entretiens de Conseil Familial. Ce couple mère-fille est enfin délié après juste trois entretiens de son poids d’incompréhension, d’incommunicabilité. Madame F. voit sa fille avec un œil neuf, comme une jeune fille de son âge, et Sonia voit sa mère comme un femme ayant souffert, et une mère voulant protéger sa fille.

Ayant commencé à se livrer, Madame F. pourra s’orienter vers un travail personnel pour évacuer le viol de sa jeunesse. On peut noter la « coïncidence » de ces viols, même si ce n’en est pas un pour Sonia, et de l’âge auxquels ils sont survenus


Mots clés : viol, amour, reconnaissance, solitude, responsabilite, communiquer, relation, sexualité, respect, bebe, pere, mere, conscience,

Bibliographie :

Mères-filles Une relation à trois (Caroline ELIACHEFF et Nathalie HEINICH)


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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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