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L’Afssaps a rendu un rapport qui sème la panique autour du traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS). Il augmenterait le risque de cancer du sein. Avant de tomber dans la propension à diaboliser tel u tel traitement, telle ou telle décision, il est sans doute nécessaire de reparler sereinement des avantages de ce traitement et de tous ses bénéfices potentiels. Dans tout ce battage, on parle peu de l'influence positive du THS dans l'arthrose, la prise de poids, le risque de cancer du foie, les troubles du sommeil, etc., notamment pour des femmes qui vont être ménopausées très tôt, c'est-à-dire à partir de 45 ans.
Nous vivons de plus en plus longtemps en bonne santé. Ce qui veut dire qu’une femme de 45 à 50 ans, qui arrive à la ménopause, a encore devant elle une bonne trentaine d’années à vivre de façon si possible agréable avec un compagnon notamment. Peut on se donner les moyens d’entrer dans cette nouvelle tranche de vie sans les inconvénients de l’arrêt de la sécrétion hormonale ? C’est en effet ce qui caractérise la ménopause, un arrêt hormonal qui va s’accompagner d’une altération de la qualité de vie, avec la survenue de bouffées de chaleur. On notera aussi chez certaines femmes, des troubles du sommeil, de l’arthrose, une modification du poids, de la morphologie, de la voix, de l’audition, de la cicatrisation, etc. D’où la prescription, quand ces symptômes nuisent à la qualité de vie, d’un THS.
Il est bien entendu que la prescription d’un tel traitement doit s’entourer de précautions ; le médecin vérifie les antécédents de cancers du sein et de cancers gynécologiques dans la famille de la patiente, et vérifie annuellement au cours d’un examen prolongé et adapté, les bonnes raisons de sa prescription.
Ainsi, il sait que le THS est adapté dans la suspiscion de l’arthrose, puisqu’il semble avoir un effet protecteur ou plutôt conservateur du cartilage. Selon certaines études, il retarde la progression de l’arthrose au niveau du genou. Les femmes sous THS présentent davantage de cartilage que les autres et il semblerait qu’il améliore la fonction articulaire. Les femmes ayant stoppé prématurément leur THS ont vu réapparaître des troubles articulaires, lesquels ont à nouveau disparu après réintroduction du traitement hormonal. Le THS semble aussi atténuer le syndrome du canal carpien (caractérisé par un engourdissement des doigts, des douleurs, voire une paralysie).
Les troubles du sommeil, quels qu’ils soient, et même ceux générés par les bouffées de chaleur sont améliorés par le THS. Il n’y a pas de prise de poids parce que l’on a un THS, au contraire. Au moment de la ménopause, il y a une modification de la masse grasse corporelle, qui tend à augmenter au détriment de la masse maigre et cet engraissement survient surtout au niveau de la partie supérieure du corps. Mais le traitement hormonal va agir de différentes façons. Lorsque les estrogènes sont administrés par voie orale, l’accroissement de la masse graisseuse est aggravée. En revanche, les oestrogènes transdermiques tendent à rétablir l’équilibre antérieur. Elles ont même tendance à augmenter plutôt la masse maigre.
Par ailleurs, une étude américaine aurait mis en avant l’action du THS dans la maladie d’Alzheimer. L’incidence de la maladie d'Alzheimer serait moindre sous THS. L'amélioration des fonctions intellectuelles des femmes ménopausées sous traitement œstrogénique est un sujet controversé.
9651 femmes de 65 ans et plus ont subi un test de leurs fonctions intellectuelles.
Certaines recevaient une estrogénothérapie substitutive, d'autres avaient eu d'anciens traitement les dernières n'ayant jamais été traitées. Lorsque le test est répété 6 ans plus tard tous les groupes ont une diminution des performances, l'importance de la diminution étant la même chez les patientes traitées et non traitées. Cependant la maladie d'Alzheimer est réduite de 87 % chez les patientes ayant eu une oestrogénothérapie de plus d'un an.
Sim, Journal of the American Geriatrics Society 1999 ;47 :518-523.
Il me parait nécessaire que les femmes concernées aient une vraie discussion avec leur médecin, afin de peser le pour et le contre d’un tel traitement avant de s’en priver.
http://www.esculape.com/fmc/menopause.html
http://afssaps.sante.fr//htm/10/ths/thm_mise_aupoint.pdf
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