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L'Eloge du désir homosexuel ?

Jacques Waynberg - 17/01/2008

Audrey consulte en catastrophe parce qu'elle vient d'annoncer à son mari qu'elle voulait divorcer ; mais elle ne sait plus très bien où elle en est. Elle a 29 ans, elle achève de brillantes études de notariat et vient d'être embauchée comme clerc dans une grosse étude parisienne. Elle s'est mariée l'an dernier avec Olivier, son complice de toujours,  rencontré à la faculté de Droit il y a neuf ans.

 

Ils ont cohabité presque immédiatement. Ils n'ont pas d'enfant mais beaucoup d'amis, d'activités, de goûts communs, d'attachement l'un pour l'autre. Ils sont presque trop fusionnels en somme, liés par une affection que l'échec sexuel menace de briser. Que faire face à une féminité inachevée et un bonheur imparfait ?

 

Ce qui nuance cette morosité inquiétante c'est la révélation qu'au fond d'elle-même, Audrey se dit sensuelle et amenée  fréquemment à palier ses frustrations par la masturbation. La clé du problème d'Audrey serait-elle la privation de jouissance vaginale et l'insatisfaction qui en résulte ? Cette hypothèse est renforcée par l'évocation des difficultés que rencontre très souvent Olivier à contrôler la précipitation de ses éjaculations, et par l'espacement de plus en plus anormal des rapports. On arrive aujourd'hui au point de rupture.

 

Lors d'un entretien suivant, à la question de savoir ce qui l'excite vraiment, ce qui déclenche ses orgasmes, Audrey est subitement sur le qui-vive ; en réalité,  elle n'a jamais été très attirée par la verge de ses partenaires (la fellation l'ennuie, le sperme la dégoûte un peu), même si elle éprouve le besoin d'être pénétrée, de "remplir"son vagin. Olivier ne sait pas la caresser, abrège les "préliminaires". Mais en fait il ne s'agit pas seulement d'Olivier, mais d'elle-même, comme si elle avait perdu ses repères, dit-elle, comme si elle devait réapprendre à être heureuse. Le motif et le but des consultations prennent forme, mais quelle récit énigmatique…

 

Le mystère est levé en un seul mot, ou plutôt en un prénom : Chloé. L'amie d'enfance, l'initiatrice de la passion amoureuse de ses 16 ans, rencontrée il y a deux ans par hasard, et qu'elle n'a pas pu s'empêcher de retrouver durant une semaine l'été dernier. Chloé est styliste. A 33 ans elle assume son homosexualité sans honte et sans retenue. Elle vit seule. Leurs retrouvailles ont été une flambée de plaisir… et de remise en cause de la crise conjugale. Audrey est émue en l'évoquant. Elle s'est refusée à d'autres rencontres. On  arrive enfin au cœur du dilemme lorsqu'elle parle de rejoindre Chloé, d'accepter son invitation de vivre avec elle. Qui suis-je, demande-t-elle ? Et si je m'étais trompée sur ma sexualité en me croyant hétéro ? Dois-je vraiment sacrifier mon couple pour réaliser ma vraie nature lesbienne ?

 

Mes conseils

Sonder l'orientation sexuelle est une entreprise à risque, qu'aucun "test" ne vient valider. Le contenu des fantasmes requis lors de la masturbation est sans doute une des rares pistes à suivre : un répertoire d'images mentales exclusivement homosexuelles est un argument à retenir pour guider un patient. Pour Audrey, le catalogue se conjugue au pluriel : hommes et femmes y sont conviés.

 

L'objectif du soutien thérapeutique s'éclaire : accompagner un choix de vie qui laisse ouverte la question de la bisexualité. Accepter de grandir en respectant la complexité de son destin de femme. Le "qui suis-je ?" d'Audrey ne débouche pas sur un choix aussi radical que la loi du tout ou rien. Divorcer apparaît comme une fuite en avant aussi improbable que d'inaugurer une homosexualité exclusive. Aujourd'hui elle envisage de se confier à Olivier. Elle a revu Chloé. Le bonheur est en marche, avec une simplicité inattendue.

 

 


Mots clés : orientation sexuelle, homosexualité, désir, bisexualité, plaisir, désir
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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