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Vivre sa vie en se préparant au deuil de la séparation

Valérie Cordonnier - 03/04/2003

Madame M. vient consulter en expliquant d’emblée sa préoccupation.
Elle a 45 ans, est mariée depuis 22 ans, a deux filles, âgées de 21 et 18 ans.
Elle a régulièrement des amants depuis une quinzaine d’années. Il y a deux ans son mari s’est rendu compte des ses infidélités, et au lieu de lui reprocher, il a pris à son tour une maîtresse. L’atmosphère à la maison lui devient insupportable et elle souhaite quitter son amant pour que les choses redeviennent « comme avant »

Plusieurs rendez vous se succèdent sans que Mme M. veuille sortir de son questionnement vis-à-vis de son amant. Elle n’arrive pas à le quitter, « déprime » à cette idée, elle a avec lui une liaison depuis 3 ans. Elle recherche un jugement de ma part, lui permettant d’agir sans prendre elle-même de décision.

Sans lui préciser, il me parait évident qu’une femme de la maturité de Mme M ; n’a pas besoin d’un concours thérapeutique pour décider de cet aspect de sa vie, et il m’appartient de trouver en quoi je peux la soulager de sa souffrance.
Pour avancer, et surtout trouver le motif valable de son désir de faire un travail thérapeutique, je propose à Mme M. de faire son génogramme. Le génogramme est essentiellement la représentation graphique d'une famille, rassemblant sur un même schéma: les membres de celle-ci (le plus souvent sur deux ou trois générations), les liens qui les unissent, et les informations biomédicales et psychosociales qui s'y rattachent.
Dans ce schéma familial, on constate que les parents de Mme M. ont eu deux filles, puis qu’ensuite la mère de Mme M. a eu un fils à l’âge de 42 ans. Il s’avère qu’elle avait un amant, avec qui elle a eu  cet enfant, et que son mari a été suffisamment « conciliant » pour le reconnaître et lui donner son nom.
Difficilement au cours des séances suivantes, Mme M. accepte de me parler de ses parents, de son père qu’elle juge gentil mais faible, de sa mère qu’elle admire tout elle lui vouant une jalousie évidente, de ce jeune frère qu’elle a en partie élevé en raison de la différence d’âge, et pour qui elle a une tendresse particulière.
Peu à peu, Mme M. admet le parallèle entre sa vie et celle de sa mère. Comme elle, elle a eu deux filles au même âge. Comme elle, elle a un amant auquel elle reste très attachée au point de désirer inconsciemment, au moment de la quarantaine, un enfant. Elle reconnaît également que cette idée lui est venue et qu’elle sait son mari suffisamment tolérant, ou alors elle sait être capable de mettre suffisamment de « pression » sur lui pour qu’il accepte un dernier enfant.
Nous abordons alors la rivalité qu’elle ressent vis-à-vis de sa mère, qui a réussi à imposer un amant à son mari, qui a réussi à lui imposer d’être le géniteur de son enfant, qui a réussi à « faire » trois enfants. Nous abordons également le rôle de gentil comparable à celui de son père qu’elle veut faire porter à son mari.
Au fil des séances, nous travaillerons sur le deuil. Le deuil que Mme M. doit faire de sa relation avec sa mère. Celui d’être à « égalité » avec elle en faisant 3 enfants. Celui de sa fécondité, puisqu’elle vient d’avoir 45 ans.
Petit à petit ce chemin ainsi fait, elle pourra ensuite aborder l’idée du « vrai » deuil qu’elle devra faire de sa mère quand cela s’avérera nécessaire.
Cette idée de se préparer au deuil, à la séparation, vient du fait que notre espérance de vie est de plus en plus longue. Quand la mort intervenait jadis aux alentours de 40 ans, la vie était clairement définie, tout comme la mort, qui intervenait sans prévenir, que l’on subissait, et qu’on entourait ensuite de tout un accompagnement d’un rituel religieux. Aujourd’hui, l’espérance de vie moyenne est de 75 ans et augmente d’un trimestre par an. La mort peut être préparée, mais de façon moins socialisée, et sans le soutien de l’église. Elle s’individualise, s’intériorise, et la psychothérapie peut, peut être, entrer dans ou créer de nouveaux rituels de préparation au deuil. En effet, plus l’espérance de vie s’allonge, plus fréquents seront les deuils qui la jalonneront.

Commentaires sur l'article
portos - 28/06/2005 09:27:54
Bonjour,
J ai 22 ans et cela fait maintenant 1 mois que ma copine m a quitté. Je ne comprend pas sa reaction car le week end avant de me quitter elle m a dit que l année prochaine on se mettrait en appartement. Cela faisait 2 ans que nous etions ensemble. ELle m a dit qu elle ne m aimé plus. Je souffre car je l aime. Je ne sais pas quoi faire pour qu elle revienne.
Merci
Valérie Cordonnier - Psychothérapeute du site - - 04/09/2003 21:40:21
Bonjour Early

Le couple est un équilibre où chacun a un rôle qui lui est dévolu. De façon tacite, ou en mettant des mots, des règles, on se crée un rythme, des habitudes, on prend chacun un peu de son histoire familiale pour recréer une autre cellule.
C'est difficile de vivre à deux. De donner sa confiance à l'autre. De s'aban-donner.

Et puis boum, survient l'enfant. Et oui, c'est comme une explosion, puisque le couple eclate, pour accueillir un nouvel être. L'équilibre se rompt, il faut que chacun retrouve ses marques, se sente à sa place dans cette nouvelle famille.

Pour un père, c'est difficile. IL n'a pas forcément partagé la grossesse avec vous, car lui, il doit l'imaginer ce futur bébé, il ne le sent pas. Ce n'est pas donné à tous les hommes de ressentir pousser cette vie, de ne pas se croire exclu de le sybiose mere/enfant.
Vient la naissance, et la dépendance du tout petit est totale,l'attention de la maman pour le bébé aussi. Inconsciemment, tout crie chez le papa:"et moi, et moi, et moi"! J'existe!
C'est une période de bonheur que cette naissance, mais c'est aussi une periode de questionnement, d'incertitude.

Vous avez changé tous les deux, par la force des choses, il vous faut vous réapprivoiser, apprendre à vous re-connaitre, à voir qui est ce parent avec qui vous vivez à présent.
Il vous faut aussi vous retrouver en tant que couple, sasn bébé dont vous pouvez vous séparer quelques heures, pour que votre mari reprenne confiance en l'amour que vous avez pour lui.

Bon courage

Valérie Cordonnier
early - 02/09/2003 11:49:22
nous avons 1 bébé de 9 mois. Depuis sa naissance le comportement de mon ami a commencé à changé. Le soir il rentrait de plus en plus tard, je voyais qu'il m'évitait, il me parlait mal, à midi aussi il rentrait tard, il savait que je ne l'attendrais pas pour manger donc il rentrait le plus tard possible pour ne pas avoir à manger avec moi. Bref il me fuyait.Je lui ai demandé se qui se passait mais il m'a répondu que tout allait bien. Un jour j'ai donc décider de prendre quelques jours de vacances avec notre Bébé pour pouvoir réfléchir et souffler un peu. C'est à ce moment qu'il m'a annoncé que tout était fini mais il ne m'a donné aucune raison et m'a affirmé qu'il n'avait rien à me reprocher. Depuis nous nous sommes revue, nous avons fait l'amour une fois il ma dit qu'il avait encore des sentiments mais que ça ne changeait à sa décision. Que se passe-t-il? pouvez vous m'aider à comprendre? Merci d'avance
Lisa - 22/07/2003 15:10:49
Bjr, j'ai 17 ans. Je trouve vos "cas" kom vous dites incroyables.
C bizarre de faire dire à une femme que C à cause de sa mère kl est kom ca.
Moi je trouve K C moche un couple com ça, ki en arrive à se tromper.
Avec mon copain, on espère s'aimer toujours, en tout ka, la fidelité est pour nous mega importante.
Salut
lisa
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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