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Les resistances à la contraception

Valérie Cordonnier - 10/04/2007
Les resistances à la contraception

L’historique de la contraception est intéressant car il permet de noter que la contraception est aussi vieille que le monde. On en retrouve des traces dans la Préhistoire, et elle montre une volonté ancestrale d’échapper à la fatalité de la reproduction. Ce fut une volonté individuelle, mais aussi collective, et voire, institutionnalisée.

Dans l’Antiquité, l’avortement était culturellement justifié quand l’embryon n’était pas animé. En Egypte, la méthode du retrait était courante et il y a des traces de D.U datant de 5000 ans.
Dans la Rome antique, les femmes romaines ont fait la « guerre des ventres », pour arrêter de faire naître des enfants destinés à partir à la guerre.
En dehors des religions, on sait par exemple qu’en Chine ou au Japon où le culte de la Famille est important, cela n’empêche pas les avortements. En Chine, le contrôle des naissances remonte à 5000 ans.

En France, le christianisme a prôné la chasteté et le mariage dans un seul but : la procréation.
Une fenêtre s’ouvre au Moyen Age et le clergé envisage la contraception, et à la Renaissance, dans certains milieux sociaux et économiques élevés, on commence à mettre en exergue le corps et à parler de sexualité.
Le 17ème et le 18ème siècle, avec une meilleure connaissance de la contraception, en accélèrent les moyens. On utilise le préservatif en soie, en vessie de porc, les herbes en bouchons, l’allaitement prolongé ; on pensait qu’allaiter pouvait éviter une grossesse. C’est aussi l’époque où la démographie devient préoccupante car il y a une forte baisse de la mortalité. En 1770, 40% des enfants mourraient à la naissance, en 1913, « seulement » 17% sont morts nés. Au 19ème siècle, une politique contraceptive nécessaire est mise en place. C’est aussi l’apparition des mouvements féministes et anarchistes.

En 1913, la Première Guerre Mondiale est cause de tant de morts que le gouvernement met en place une politique nataliste, et en 1920, la loi condamne toute diffusion de moyens anticonceptionnels. Tout ce qui se fait devient alors hors la loi.
En 1930 on assiste à la création du mouvement des adeptes du Birth Control, et 5 ans plus tard, le Professeur Jean Dalsace ouvre à Suresnes le premier dispensaire permettant le contrôle des naissances.
Il faut attendre 1953 pour qu’une femme, le Docteur Veil, dénonce la carence médicale en matière de contraception et crée la « Maternité heureuse » Elle est franc maçonne et protestante. S’ensuivra la création du Mouvement Français pour le Planning Familial en 1956. Il est décrété hors la loi également.
Le 8 Décembre, la loi Neuwirth autorise la fabrication des contraceptifs mais il faudra attendre 1974 pour qu’elle puisse concerner les mineurs.

Le nombre d’IVG reste stable en France, autour de 210 000 par an, alors que les moyens d’informations semblent importants. Selon le rapport DREES publié en septembre 2006, les IVG médicamenteuses sont en progression et représentent 42% du total des interventions. 
Les professionnels de santé que sont les CCF, les membres du Planning familial, les Sage Femmes, etc, ont le souci de donner une bonne information contraceptive. Et pourtant, ils reçoivent toujours autant de femmes qui viennent en disant « j’ai oublié ma pilule »..etc…
C’est donc que peut être il y a autour de la contraception quelque chose qui nous échappe. Elle permet de dissocier la recherche du plaisir de la procréation mais les choses ne sont pas aussi claires que cela.

Il y a un lien direct pour la femme entre la qualité de la relation avec son partenaire et la prise de contraception. L’insatisfaction des besoins sexuels ou la recherche de plaisirs incertains peuvent entraîner l’indifférence pour la contraception alors que l’on sait qu’une bonne entente sexuelle va favoriser une contraception efficace.

Mon rôle de thérapeute-sexologue, est d’être informée sur la sexualité de ma patiente, et notamment de savoir où elle se situe par rapport à la contraception. Celle-ci s’inscrit inconsciemment comme un enjeu de pouvoir dans le couple. On se rend compte de ce que la femme va savoir, vouloir, pouvoir, mettre en place par rapport à son partenaire et qui va influencer la sexualité dans le couple. Chacun mesure son poids sur l’autre dans la relation sexuelle qu’il peut avoir avec l’autre.
Se contenter du retrait, ou adopter un moyen efficace est pour chacun des 2 partenaires un dilemme : garder la maîtrise de son corps et celui de l’autre ou bien perdre cette maîtrise. C’est à ce moment là qu’il faudra évoquer la nécessité du lacher-prise

Pour certaines femmes, il y a aussi une contraception qui va être mal vécue mais qui va être utilisée contre le partenaire. On pourra alors relever des résistances à la pilule qui se manifesteront par exemple par des saignements continus bien que la patiente la prenne régulièrement, etc. Par rapport au partenaire, l’IVG peut représenter le symptôme d’un conflit conjugal, et ne sera qu’une agression déplacée par manque de communication.

Quand on est adolescente, en matière de contraception, la pilule peut se poser comme un rite de passage. Beaucoup de mères, parce que leur fille part en vacances ou passe en seconde, ou atteint l’âge de 15 ans, ont la démarche de leur proposer la pilule, voire même de partager le même gynécologue ! Certaines jeunes filles ne sont pas intéressées. Les mères entrent dans l’intime de leur fille, devenues en quelque sorte « rivales » depuis qu’elles ont leurs règles.

La prise de contraception chez les jeunes pose une problématique : certaines IVG sont un moyen pour la jeune fille de savoir si elle peut être enceinte ou non. Elle peut être dans le fantasme d’un désir de grossesse. Il faut que ce soit l’occasion d’un soutien, d’une prise en charge psychologique souvent nécessaire.

L’IVG peut être regardé comme un échec à la contraception. Cependant quelquefois, même s’il y a IVG, cela peut être un moyen de re-naissance à la vie.

Les résistances à la contraception existent donc bel et bien. Les professionnels de santé ont donc un devoir d’information mais aussi d’ouverture à la réflexion avec les femmes reçues en entretien. La prise d’une contraception est loin d’être anodine,  et nécessite d’être réfléchie, ne serait ce que pour déculpabiliser les patientes en cas de grossesse non désirée.

 


Mots clés : contraception, ivg, grossesse
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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