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La violence a mauvaise presse dans notre société actuelle. Partie intégrale du yin et du yang, elle est dans la nature et possède autant de vertus que de mauvais côtés. La rejeter tout en bloc c'est s'empêcher d'évoluer.
Si le titre de cet article vous a heurté, c’est à vous que je le dédie. La violence est ce qui caractérise ce qui est extrême, intense, brutal. Elle s’oppose à la douceur, la modération.
Nous vivons dans une société qui ne reconnaît des vertus que dans ces dernières, rejetant la violence et ses modes d’expression comme autant d’agression. Double paradoxe, car malgré ce rejet, il est indéniable que nous vivons dans une société d’une violence inouïe (violence sociale, violence humaine même si la violence physique n’est pas au rendez-vous). Paradoxe des genres aussi, car à force de flatter ce qui fait la femme, l’homme se féminise, perd ses attributs, sa virilité, et du même coup se cherche une place.
La violence est dans la nature, tout comme la violence est dans notre nature. C’est elle qui créée les accidents, les ruptures, les évolutions. Violence de la croute terrestre qui ploie et se déploie pour créer notre environnement. Violence de l’échec qui peut tout aussi bien créer le choc salutaire ou voir l’être s’effondrer.
C’est aussi par la violence du choc que l’adolescent peut s’éprouver, l’enfant trouver ses limites, l’adulte se dépasser. Parce que la violence c’est avant tout l’intensité, qui déplace les limites, qui démantèles les idées toutes faites, qui remet en cause les ordres établis.
Je ne fais pas ici l’apologie de toutes les violences, encore moins de ce qui est appelé violences conjugales. Ces violences là sont souvent l’expression d’une incapacité à communiquer, à dire, à partager. Elles traduisent une souffrance, sont une destruction, une annihilation, pas seulement pour celui qui la subit.
Non la violence dont je parle est celle qui force, qui pousse, qui contraint, qui ouvre les yeux. Dans une société aseptisée, illusionnée par les conteurs professionnels que sont nos politiques, c’est elle qui brise le statuquo. Cette violence là est présente dans ma clinique. Contrairement à beaucoup, je n’accepte pas tout de mes patients. L’écoute aussi peut être violente, ne serait-ce que le refus d’écouter quand ils viennent faire le café du commerce pour ne pas affronter leurs démons. Violence aussi de parfois dévoiler sans détour une souffrance, de refuser de rentrer dans le jeu, de tendre un miroir vers leurs propres faiblesses. Cette violence maîtrisée n’est pas dictée par des comptes à régler, mais par le besoin de rompre le système de protection dans lequel mon patient s’effondre, pris comme dans une toile d’araignée. Et si parfois certains passent des années avec ces souffrances sans avancer, je me demande parfois si ce n’est pas parce qu’ils sont entourés de trop de complaisance ? A refouler notre violence ne risquons nous pas d'exploser de mille et unes façons?
Si vous ne croyez pas que la violence est esthétique, émotionnelle, sensuelle, je vous recommande le dernier spectacle de PietraGalla à l’espace Cardin. Vous en sortirez transformé…
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