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C'est pour faire prendre conscience de la gravité de cette maladie qui touche 3 millions de Français que le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, associé à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), a lancé la première campagne d’information nationale sur la dépression. Un guide explicatif à été édité 500 000 exemplaires, destiné au grand public ainsi qu'un site internet info-depression.fr.
La France comblerait-elle son retard en matière de prévention de la dépression ? On ne peut que se féliciter de cette campagne déclinée en radio, télé, affichage ainsi que dans des brochures. Les chiffres font froid dans le dos : 3 millions de personnes sont touchées par cette maladie, l'OMS estime que la dépression aurait un coût supérieur au cancer dans quelques années... sans compter les familles qui se sentent souvent démunies devant une telle maladie.
Il existe aujourd'hui de nombreux moyens d'aider les personnes souffrant de dépression, mais aussi leur entourage. Adopter si possible un autre mode de vie, se faire prescrire un traitement médiacl adéquat, se faire accompagner en thérapie, essayer des méthodes comme la luminothérapie, avoir une meilleure hygiène de vie...nombreuses sont les méthodes. A vous de trouver celle qui vous conviendra pour qu'elle soit pleinement efficace!
Et pourtant, cette campagne autorise maintenant « le corps des psychanalystes », sous la férule de Jacques Alain Miller (gendre de J.Lacan et donc seul héritier intellectuel autoproclamé) à rallumer la flamme de la discorde au sein des « psy ». Pourquoi ? Parce qu’il ne faut pas parler de la dépression comme d’une « maladie ». Son traitement serait alors réservé aux prescripteurs. Selon les détracteurs de cette campagne, celle-ci a été noyautée et fomentée par des praticiens comportementalistes visant à porter atteinte à la psychanalyse.
C’est à mon sens faire peu de cas du malade, du patient, de la personne qui souffre. De son intelligence et de son libre arbitre. Il y a de multiples façons de se faire aider, par son médecin généraliste qui peut être à l’initiative, ou non, d’un traitement médical, mais aussi de propositions d’aide en renvoyant sur des correspondants « psy ». Et selon sa sensibilité, le malade ira voir un thérapeute avec qui il se sent en confiance, avec qui il va penser pouvoir travailler.
Tout le monde n’est pas attiré, voir capable, de suivre une analyse et les contraintes qu’elle comporte. Le malade a le droit de penser par lui-même.
Il me semble que nous avons, nous professionnels de la relation d’aide, plus besoin de moraliser notre profession, que de juger ou critiquer une campagne de santé publique qui vise à informer et à déculpabiliser les personnes souffrantes.
Comment payer mes séances de Psy ? (Valérie Cordonnier)
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