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Vous ne me parlez dans votre lettre que de votre besoin de vous couper, de vous faire mal. Ces actes que vous décrivez sont désignés sous le nom d’automutilation.
L’automutilation est inquiétante, surtout pour les proches, et il vous est de plus en plus difficile de cacher vos cicatrices. Ce n’est pas le fait de vous automutiler qui doit vous inquiéter, car il n’y a pas de désir de suicide sous jacent, mais au contraire, et cela peut paraître paradoxal, l’idée de vouloir aller mieux. Quelqu’un cherchant à se suicider veut mettre fin à tout sentiment. Je pense que vous êtes plus dans la démarche de vous res-sentir, et c’est cela qui vous donne de plus en plus de plaisir. Vous semblez coupler cela avec un certain masochisme, mais qui trouve sa source dans un traumatisme dont le souvenir est enfouit dans votre inconscient.
Vous n’évoquez pas les relations que vous avez avec les autres au sujet de ces blessures que vous vous infligez, ni de vos relations amicales avec les autres, notamment les garçons, et vos relations sexuelles.
Il me semble que vous vous faites subir tout cela, comme pour diminuer votre angoisse. Plus le sang coule, plus il est anxiolytique car c’est quelque chose que vous maîtrisez complètement. Vous ne dites pas ce que vous ressentez quand votre sang coule, mais si c’est de l’ordre du plaisir, cela s’accompagne-t-il de soulagement ? Moi je vois cela comme un désir de contrôle, s’infliger volontairement des blessures, c’est vouloir contrôler l’intensité d’une douleur.
Celles-ci sont à creuser avec un professionnel, vous avez besoin d’être accompagnée car dans les manifestations d’automutilation comme celui que vous évoquez dans votre lettre, de nombreux cas sont dus à des abus sexuels dans la petite enfance. Le fait que vous me parliez de votre manque d’attirance pour les garçons me fait aller encore plus dans ce sens.
Si je vous recommande de faire une démarche vis-à-vis d’un thérapeute, il me parait également important que vous puissiez formuler votre désir et votre besoin d’automutilation. Ne serait ce que parce qu’expliquer ce besoin, va peu à peu vous aider à ne pas aller plus loin dans ces blessures physiques que vous vous infligez à vous-même, et vous pourrez passer ainsi vous occuper de vos souffrances morales.
M’avoir écrit est déjà une super démarche, continuez !
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