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L'automutilation : Faut il avoir peur du suicide ?

Valérie Cordonnier - 27/01/2003

Question : Depuis que j’ai 11 ou 12 ans je prends plaisir à me faire mal. J’aime voir mon sang s’écouler. Lorsque j’ai des plaies, je les triture pendant des heures pour qu’elles soient plus profondes, parfois même je mets du vinaigre, j’aime cette sensation. Depuis peu j’ai découvert le plaisir de la lame de rasoir, et je me coupe régulièrement, sur les seins ou sur le sexe. C’est un plaisir très intense et parfois même j’ai des orgasmes. Les garçons ne m’attirent pas, je les trouve ennuyeux, j’aimerais en trouver un qui m’enlève et me violente ainsi jusqu’à ce que je me vide de tout mon sang. Mais hélas je ne trouve personne. Je vous écris, car je me sens frustrée dans ma recherche, et j’ai peur un jour d’aller trop loin.

Réponse :

Vous ne me parlez dans votre lettre que de votre besoin de vous couper, de vous faire mal. Ces actes que vous décrivez sont désignés sous le nom d’automutilation.

L’automutilation est inquiétante, surtout pour les proches, et il vous est de plus en plus difficile de cacher vos cicatrices. Ce n’est pas le fait de vous automutiler qui doit vous inquiéter, car il n’y a pas de désir de suicide sous jacent, mais au contraire, et cela peut paraître paradoxal, l’idée de vouloir aller mieux. Quelqu’un cherchant à se suicider veut mettre fin à tout sentiment. Je pense que vous êtes plus dans la démarche de vous res-sentir, et c’est cela qui vous donne de plus en plus de plaisir. Vous semblez coupler cela avec un certain masochisme, mais qui trouve sa source dans un traumatisme dont le souvenir est enfouit dans votre inconscient.

 

Vous n’évoquez pas les relations que vous avez avec les autres au sujet de ces blessures que vous vous infligez, ni de vos relations amicales avec les autres, notamment les garçons, et vos relations sexuelles.

 

Il me semble que vous vous faites subir tout cela, comme pour diminuer votre angoisse. Plus le sang coule, plus il est anxiolytique car c’est quelque chose que vous maîtrisez complètement. Vous ne dites pas ce que vous ressentez quand votre sang coule, mais si c’est de l’ordre du plaisir, cela s’accompagne-t-il de soulagement ? Moi je vois cela comme un désir de contrôle, s’infliger volontairement des blessures, c’est vouloir contrôler l’intensité d’une douleur.

 

Celles-ci sont à creuser avec un professionnel, vous avez besoin d’être accompagnée car dans les manifestations d’automutilation comme celui que vous évoquez dans votre lettre, de nombreux cas sont dus à des abus sexuels dans la petite enfance. Le fait que vous me parliez de votre manque d’attirance pour les garçons me fait aller encore plus dans ce sens.

 

Si je vous recommande de faire une démarche vis-à-vis d’un thérapeute, il me parait également important que vous puissiez formuler votre désir et votre besoin d’automutilation. Ne serait ce que parce qu’expliquer ce besoin, va peu à peu vous aider à ne pas aller plus loin dans ces blessures physiques que vous vous infligez à vous-même, et vous pourrez passer ainsi vous occuper de vos souffrances morales.

M’avoir écrit est déjà une super démarche, continuez !

 


Mots clés : mutilation, automutilation, suicide, vie, envie, pulsion, blessures, coupures, brulures, cicatrices, abus sexuel, enfance, traumatisme, inquietude, paradoxe
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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