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L'amour, c'est bon pour la santé

Valérie Cordonnier - 29/12/2007

La mythologie a cela de fascinant qu’elle nous fait rêver à l’Amour. Dieux et Déesses ayant trait à l’amour y sont légion, et les bacchanales ont marqué un imaginaire qui semble à jamais perdu.

La liberté de ces fêtes orgiaques où plane l’ombre d’Eros va être mise à mal dès l’Antiquité par tout un courant de philosophes, dont Platon, courant qui va ouvrir une voie royale à la morale chrétienne. L’Eglise prône l’amour, mais l’amour chaste, sans sexe, sans chair, sans maladie. Il en va du salut de l’âme, mais aussi du corps, que de ne pas succomber au péché de chair.

Liée intimement à l’Etat, l’Eglise contribue à sa façon au contrôle des naissances en réprouvant les liens hors mariage, et les dangers d’une sexualité libre, à laquelle elle associe maladie et mortalité. Au 19ème siècle, des maladies telles que la syphilis se développent à une allure inquiétante ; c’est le début de l’ère industrielle et les migrations massives des populations des campagnes vers des villes qui n’en finissent pas de s’étendre.

Il faut attendre 1940 pour que la découverte de Fleming soit mise en application : la pénicilline permet de venir à bout de la syphilis.

Quelques décennies plus tard, la maîtrise de la fécondité permet de se défaire de la contrainte de la procréation. Il aura donc fallu attendre le dernier tiers du 20ème siècle et la maîtrise de la contraception pour séparer sexualité et fécondité. C’est pour la femme surtout, mais aussi pour de nombreux couples, une libération. Comme ce mouvement va de pair avec l’amélioration de la santé, de l’hygiène de vie,  l'élévation sociale, de l'arrivée d !une société des loisirs, la conclusion commence à s'imposer: l'amour est bon pour la santé.

Il n’est pas nécessaire d’être scientifique ou libertins pour se rendre compte du bienfait des relations intimes. Selon une très sérieuse étude américaine publiée en août dernier et interrogeant 2000 personnes ( « Why humans have sex » in Archives of Sexual Behavior, Cindy M.Meston et David M.Buss), on a recensé 237 « bonnes » raisons de faire l‘amour.
- Il y a les raisons physiques, liées à la pulsion, à la curiosité, à la volonté d’avoir un exercice physique. Sans le savoir, nous renforçons par l’échange de micro-organismes nos défenses immunitaires, et nous améliorons nos fonctions cardio-vasculaires.
- Puis les raisons tournées vers un but : impressionner ses copains, se venger d’une infidélité, accomplir un rite de passage…
 -Ensuite viennent les raisons engendrées par un sentiment d’insécurité affective, ou par obligation morale ou physique de céder au désir de l’autre.
- Mais les raisons invoquées le plus fréquemment sont sans conteste les raisons émotionnelles. Faire l’amour diminue le stress, l’angoisse, l’anxiété, nous rend heureux, nous libère, nous donne confiance en nous, nous fait gagner en estime de nous-mêmes, nous fait sourire. Ce climat positif tend à nous faire vivre plus longtemps, vous l’aurez compris, si vous voulez vivre vieux, ne vivez pas seul et faites l’amour !

Au-delà du plaisir purement physique provoqué par l’amour et ses jouissances, faire l’amour avec l’autre nous prédispose à l’attention, à la bienveillance, au partage.
L'empathie joue aussi son rôle, de même que la bienveillance et l'attention réciproques, le sentiment de sécurité éprouvé lorsque l’on vit aux côtés de celui ou celle que l’on aime.

Nos mécanismes d'attachement font de nous un animal social incapable de vivre sans les autres. L’ocytocine est une hormone qui procure une sensation de plaisir pendant l'orgasme. C’est la même qui favorise le lien qui se crée au moment de la tétée entre la mère et l'enfant, et qui favorise aussi…..la fidélité dans le couple. Durant l'acte sexuel, le cerveau produit des endorphines, équivalents naturels des opiacés comme la morphine, qui ont un effet analgésique et relaxant.

L’amour est un besoin biologique. Il assure la survie de l’espèce. Sans amour, un enfant souffre dans son développement, voire peut mourir. L'esprit ne se constitue pas tout seul, mais par les expériences du monde extérieur et les relations avec les autres. La conscience de soi n'est pas quelque chose d'inné, résultat d'un cheminement de notre cerveau, mais quelque chose qui est perpétuellement recréé grâce à l'interaction avec notre entourage. Ces relations intimes influencent profondément le fonctionnement de nos organes.

Les chercheurs distinguent aujourd'hui trois formes d'amour: le désir sexuel, qui nous pousse à copuler, l'amour romantique, c'est-à-dire la passion pour une personne particulière, et l'attachement à long terme, qui nous incite à vivre en couple. Ces trois variantes font appel à des processus neurobiologiques distincts hérités de l'évolution, avec chacun ses propres motivations et ses propres modes de fonctionnement émotionnels. Ce qui peut avoir des effets dangereux. «Vous pouvez ressentir un sentiment d'attachement à l'égard de votre épouse, explique l'anthropologue Helen Fisher, de Rutgers University, tout en étant amoureux d'une autre personne et sexuellement excité par une troisième: cela ne fait pas pour autant de vous un monstre.» (Vu dans le magazine l’Express)

Le sentiment amoureux se caractérise par un comportement d'exaltation et de dévotion que certains chercheurs n'hésitent pas à comparer à celui des toxicomanes ou des malades atteints de TOC. L'amour, en d'autres termes, met en œuvre les mécanismes neuronaux responsables de l'addiction et provoque les mêmes symptômes que chez les toxicomanes: perte d'appétit, hyperactivité, manque de sommeil…

Les circuits neuronaux associés au sens critique et au jugement social sont anesthésiés chez les sujets amoureux, ce qui leur évite de voir les défauts de leur bien-aimé(e).
Le problème - ou l'avantage - du sentiment amoureux est qu'il s'agit d'un état instable et passager. Au bout de quelque temps, la production de dopamine et des endorphines responsables de la sensation de plaisir associée à l'être cher diminue et le désir s'estompe. C'est le même effet de tolérance qui pousse les toxicomanes à augmenter les doses de drogue auquel leur organisme a fini par s'habituer. L'euphorie cède alors le pas à l'indifférence, voire à la désillusion, car les circuits du sens critique mis en sommeil par le coup de foudre se réveillent en faisant apparaître les défauts de l'être aimé. L'amoureux n'a plus alors d'autre choix que de changer de partenaire pour retrouver l'excitation de la passion ou bien de passer à la troisième forme d'amour, celui des vieux couples.

L'attachement à long terme est en effet une forme d'affection qui semble avoir été mise au point par la nature afin de permettre d'élever des enfants, tâche qui nécessite la coopération des deux parents sur une longue période. Cet état se caractérise par un sentiment de calme, de sécurité, de confort social et émotionnel.

L'amour nous rend créatifs, il nous permet d'agir. Il développe la générosité, la tendresse, l'envie d'apprendre, de découvrir, d'être en contact avec la vie
Ce sentiment fait également du bien à la communauté dans laquelle vivent et agissent ceux qui s'aiment. Une relation consciente, peut être un moteur pour régénérer l'âme dans notre culture, pour redécouvrir la communauté et le « sacré » dans la vie quotidienne. Parler vrai et écouter l'autre avec respect, c'est le début du vrai dialogue, ce qui est précisément ce dont le monde a le plus besoin au niveau collectif.

Bref, en ajoutant l'amour au désir, nous touchons presque au divin.

Photo Wilfrid Hoffaker


Mots clés : amour, liberté, fécondité, libération sexuelle, plaisir, émotion, securité affective, jouissance, attachement, créativité,

A lire aussi :

Les resistances à la contraception (Valérie Cordonnier)
Interview menée par une professionnelle du sexe (Valérie Cordonnier)
Bienheureuse Infidelité (Valérie Cordonnier)



Bibliographie :

Le désir et la putain (Elasa Cayat et Antonio Fischetti)
L'enfer de l'information ordinaire (Christian Morel)
Antimanuel d'éducation sexuelle (Marcela Iacub et Patrice Maniglier)


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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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