|
|||||||||
Nous sommes tous confrontés à notre impuissance. Celle-ci, lorsqu'elle se heurte à notre désir nous remet profondément en cause.
L’impuissance a toujours renvoyé à l’homme, incapable d’une érection suffisante pour donner du plaisir à sa ou son partenaire. L’impuissance doit être en fait mieux caractérisée, car cette absence d’érection est le plus souvent du non à une incapacité, mais à un manque de désir. La sexualité n’a rien d’automatique. Avec cette panne du désir, il ne s’agit plus d’impuissance, et c'est au sexologue d'agir.
Mais ce n’est pas cette impuissance là en particulier qui est le sujet de ma réflexion. Mais de notre impuissance en général, de cette impuissance ordinaire qui émerge de beaucoup de mes consultations. Elle se caractérise par l’incapacité d’accomplir alors que le désir est là, très fort, souvent verbalisé, mais se heurtant à des barrières infranchissables pour le patient.
Voici Isabelle, 45 ans, ayant un parcours très réussi dans la banque d’affaires, dont les enfants vont quitter bientôt leur foyer à elle et son mari. Elle est heureuse dans son couple, mais a besoin d’être accompagnée pour ces départs, angoissée de se retrouver à nouveau simplement à deux. Depuis toujours elle caresse le rêve de partir de Paris, vivre en Bretagne en montant un restaurant en bord de mer. Rêve banal, commun. Elle a largement les moyens financiers de ne plus travailler, son mari vient d’être licencié avec de très grosses indemnités de chômage. Mais elle n’arrive pas à se décider. Elle, la femme d’affaires, se sent totalement impuissante à prendre en main sa vie, son destin. Elle réalise qu’elle a suivi une voie toute tracée, sans jamais vraiment décider, toujours la meilleure élève, ou la meilleure employée, puis la meilleure patronne. Au vouloir et au pouvoir s’oppose en elle une idée du devoir. Toutes les explications sont avancées séances après séances, y compris celle de s’être trompée dans son envie et son besoin profond. Et pourtant, l’élément déclencheur de sa visite dans mon cabinet reste bien la ‘perte’ symbolique de ses enfants, et l’angoisse de se retrouver face à elle-même.
Le cas d’Isabelle illustre de façon banale pour une femme d’exception comme l’impuissance renvoie à la fois au désir mais surtout à l’être. La barrière surmoïque lui semble infranchissable. Il est alors fascinant pour le praticien de voir toutes les rationnalités que l’inconscient va avancer pour, précisément, ne pas reconnaître cette impuissance. Car ce qu’elle a de perturbant cette impuissance, c’est qu’elle se heurte au désir. Nous sommes tous impuissants : face à la nature, face à l’environnement économique, face à bien des choses de la vie, qui sont des contraintes, des faits, des règles. Cette impuissance est facile à vivre et ne pose pas de problème. Là où l’impuissance est dangereuse, en ce qu’elle nous force à profondément nous revisiter, c’est lorsqu’elle se heurte au désir, au rêve, au fantasme également.
Sortir de l’impuissance n’est pas une mince affaire. C’est même l’affaire de toute une thérapie. Il s’agit de s’interroger sur le désir, le vrai désir : qu’est ce que je veux vraiment ? Mais aussi apprendre, tel un archéologiste, à découvrir les résistances, angoisses, blocages, croyances qui nous entravent.
Revue de presse du mercredi 19 novembre 2008
Revue de presse du vendredi 31 octobre 2008
Revue de presse du dimanche 19 octobre 2008
Revue de presse du vendredi 17 octobre 2008
Revue de presse du mardi 14 octobre 2008
Revue de presse du samedi 11 octobre 2008
Revue de presse du samedi 13 septembre 2008
Revue de presse du mercredi 3 septembre 2008
Les Nouveaux Psys
Et si la maladie n'était pas un hasard?
La maladie d'Alzheimer
Cerveau et psychanalyse
Le siècle de Freud
La résilience familiale
Eduquer ses enfants
Femmes et doudou
Happy Neuron
La Note Bleue
Le Gefab
Graap
Adaa
Le magazine Act
Vittoria Pazalle
Emétophobie
C'est ici pour saisir vos identifiants.
Inscrivez vous gratuitement et immédiatement en cliquant ici.