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Les médicaments qui abîment

Jacques Waynberg - 29/04/2008
Impuissant malgré lui

Daniel vient d'être remercié par la filiale lilloise de la société d'informatique pour laquelle il occupait un poste d'ingénieur depuis  six ans. A 48 ans, le coup est dur, même s'il envisageait depuis l'an dernier de "changer de boite" pour se rapprocher d'Eléonora qu'il a rencontrée il y a deux ans dans un salon professionnel. Elle est italienne et avait envisagé de passer quelques mois à Paris pour parfaire son français avant de postuler pour un poste dans le tourisme dès son retour à Milan.

 

En réalité, ce séjour prévu pour six mois… date de trois ans, et elle n'est toujours pas repartie. Mais à 29 ans désormais, elle pressent que ses engagements de mannequin et d'hôtesse vont devenir de plus en plus précaires et qu'il est temps de prendre une décision de retour en Italie, ou d'installation définitive en France. Pour Daniel, qui vit seul depuis une douzaine d'années après un divorce pénible, la perspective d'une séparation est insupportable. Il est vrai cependant qu'il ne s'est pas beaucoup investi au départ de cette relation, qu'il a vécu avec la même gourmandise égoïste que les précédentes.

 

Pris au piège du charme et de la sensualité touchante d'Eléonora, il se trouve confronté dès lors à une question inattendue et dérangeante : est-il prêt à lui proposer un "vrai" projet afin de ne pas la perdre ? Comment envisager sans crainte de cohabiter, alors qu'ils n'ont partagé jusqu'à présent que des rencontres de quelques jours ? Et financièrement, comment résoudre le problème de la location à Paris d'un lieu de vie commune ? Le licenciement est la "goutte d'eau qui fait déborder le vase" : Daniel se sent de moins en moins en mesure d'assumer ses propres contradictions et l'angoisse de l'avenir. Leur différence d'âge, le désir d'enfant d'Eléonora, sont aussi des motifs d'inquiétude qu'il ne peut plus éluder désormais.


Le mot de dépression a donc été prononcé il y a trois semaines par son médecin généraliste et Daniel se drogue aux anti-dépresseurs et au somnifère. Depuis quinze jours il est à Paris, mais rien ne va plus. Certes, le studio est petit, Eléonora est assez occupée, le climat est alourdi entre autre par les questions pécuniaires, mais c'est l'instabilité de l'érection qui le bouleverse le plus et l'a décidé à venir en parler en consultation. Racontée ainsi dans ses grandes lignes, l'histoire de Daniel est typique des cas d'impuissance réactionnelle, c'est-à-dire des défaillances purement morales des réflexes sexuels, conséquence logique et surtout temporaire d'une surcharge de tracas de tous ordres.

 

Fait capital, ces difficultés ne sont jamais totales et chroniques, au contraire, elles agacent par leur survenue inopinée, survenant par surprise après une série de rapports sans problème. Aucun bilan médical, il faut l'affirmer, ne peut fournir à l'heure actuelle de diagnostic convenable des pertes de l'érection. Des questions de simple bon sens conservent d'autant plus toute leur pertinence, et notamment celles qui concernent l'observation d'une certaine rigidité de la verge au moment du réveil, rigidité qui atteste de la nature "mentale" du problème. Daniel affirme que ces érections matutinales ont cessé depuis le début de son traitement…

 

Mes conseils
L'anti-dépresseur ne peut être tenu pour responsable à lui seul de ces pannes. L'alcool ajouté au médicament pourrait être un motif plausible, mais Daniel ne boit pas. Il y a autre chose à découvrir. En effet, le stress quasi permanent dans lequel il vit, a entraîné il y a cinq ans une légère hypertension qui est aujourd'hui parfaitement contrôlée. Tout va si bien du reste qu'il n'a pas pensé à le mentionner, or l'addition des deux traitements (dépression + hypertension) est bel et bien suffisamment toxique pour entraver les érections. La prise en charge va donc se dérouler en deux étapes : la première consiste à solliciter des médecins une réévaluation des traitements en faisant un nouveau choix de médicaments (ou en les supprimant si les menaces sont en voie de règlement) ; la seconde prendra la relève sur le mode d'une thérapie de couple, c'est-à-dire d'une médiation offrant une ouverture du dialogue, sans faux fuyants et sans honte. 


Mots clés : dépression, médicaments, engagement, erection, impuissance, prise en charge
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Sujet : Re: l'envie mais pas le moyen
par: Lior Brécher (Conseiller(e) conjugal(e))

Bonjour Daliah

Faire un travail thérapeutique est souvent nécessaire pour redire ce qu'il s'est passé et sortir du blocage que cela a créé. Vous dites que vous n'avez pas les moyens, et c'est vrai qu'une thérapie longue peut être coûteuse. Mais:

1) Je suis certaine que vos parents seraient d'accord, sans problème, pour payer une thérapie, car cela fait partie de leur rôle d'éducateur et de veiller à votre bien être, et d'un certain coté, il n'est pas juste de leur enlever ce rôle (peu de jeunes adultes pensent à cela).


2) Les consultants d'ecoute-psy.com sont habilités à étudier les demandes des jeunes qui désirent vraiment aller mieux, et proposent des prix tout à fait intéressants pour eux. Ainsi, 45 mn sont facturés 17 euros, et vous conviendrez avec moi que une soirée de baby sitting vous permet de ce fait de payer votre consultation... tout est en fait une question de priorité, vous ne croyez pas? :)

Bien à vous
Malka, consultante sur http://www.ecoute-psy.com


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