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Sylvie Chermet-Carroy graphologue
Auteur de « Comprenez votre enfant par ses dessins » Ed Mengès.
La contacter : sylviechermetcarroy@free.fr
Le dessin d’enfant est un message. C’est un langage spontané, un acte libre. Ainsi le dessin parle et raconte tout ce que l’enfant ne peut pas formuler verbalement. On y trouve les questions secrètes, les joies mais aussi les inquiétudes. Chaque dessin est important car il traduit ce que vit l’enfant. Nous y verrons ses attentes, ses questionnements, l’évolution de sa personnalité.
Lorsque l’enfant dessine un bonhomme, c’est avant tout lui-même qu’il représente. Ainsi son tracé, nous montre comment il se voit, comment il perçoit la vie, comment il se situe dans son entourage et dans sa famille.
UN PARCOURS UNIQUE
Au moment de l’apprentissage de la marche et de l’équilibre, l’enfant commence déjà à tracer quelques formes graphiques. La maîtrise du geste et de l’observation aboutit à des tracés de plus en plus performants.
Mais cela ne peut se faire qu’à partir des prises de conscience de son propre corps et de sa relation aux autres. Dans un dessin, ce qui paraît incomplet ou disproportionné à l’adulte n’est pas une anomalie ni une « erreur ». C’est au contraire le vécu de l’enfant avec sa personnalité, à un moment particulier de son évolution. Ainsi dans le tracé du « bonhomme » les détails évoluent et s’enrichissent petit à petit.
Vers l’âge de quatre ans apparaît « le bonhomme-têtard » figuré par un cercle duquel partent des bâtons pour représenter les bras et les jambes. Ensuite, l’enfant ajoute de plus en plus de précision au fur et à mesure qu’il prend conscience de son corps. Par exemple, les dents, les oreilles, le cou, sont tracés ultérieurement.
De même dans un paysage deux personnages peuvent avoir des tailles disproportionnées. Ou un détail mineur peut devenir démesuré. La valeur des éléments est surtout affective. Ce sont les sentiments qui s’expriment dans le dessin. La difficulté et la richesse de l’interprétation passent par l’identification. Parfois un animal peut représenter un personnage de la famille. L’adulte doit donc rester prudent et ne pas se précipiter dans l’interprétation. Les symboles sont une clé pour pénétrer dans l’univers du dessin d’enfant.
LE CONTENU
L’analyse des dessins d’enfant s’appuie sur les mêmes lois de base que la graphologie du moins en ce qui concerne les emplacements dans la feuille, la qualité du trait. Mais elle requiert une approche assez différente et surtout la connaissance approfondie des symboles et du jeu de projection personnelle que l’on retrouve dans les formes, dans les objets, ainsi que dans les couleurs utilisées par l’enfant.
En tant que graphologue, j’utilise toujours cette dimension car elle m’apporte des compléments d’information soit dans l’analyse des dessins d’adultes, dans des tests d’orientation et dans l’analyse de rêves. Cette symbolique se retrouve également dans la mythologie, dans les contes mais aussi tout simplement dans la vie. Par exemple lorsqu’on affectionne particulièrement une couleur ou lorsqu’on a du mal à en supporter une autre, il y a une signification qui peut être liée à la qualité de notre énergie et à notre psychisme. Ce qui est présent dans l’analyse des dessins d’enfant, se retrouve également dans d’autres circonstances. C’est normal car il s’agit toujours du tempérament, des sentiments, des transformations d’une personne.
Le dessin par lui-même révèle la personnalité de l’enfant. La confiance en lui, sa façon de prendre sa place dans famille, avec les autres ou dans la fratrie, sont autant d’éléments révélés par ses dessins. Il exprime aussi ses appréhensions face aux situations qu’il traverse.
Les peurs de l’enfant ne sont pas celles de l’adulte. Ainsi, le dessin alerte le parent ou l’éducateur. Par exemple lors d’un changement d’école, la comparaison des dessins avant la rentrée scolaire et juste après celle-ci mérite une attention particulière.
Dans ce cas, la taille des personnages notamment sera observée avec attention. En effet la façon d’utiliser l’espace de la feuille est significative. Prendre toute la place, c’est manifester sa force, la confiance, son ardeur. Tracer des personnages minuscules, traduit à l’inverse le doute, le manque de confiance. Ces données globales méritent bien sûr un approfondissement et surtout de la prudence. Mais plus d’une fois dans ma pratique de l’analyse des écritures et des dessins, c’est la traduction des symboles qui a donné la clé du vécu. L’enfant n’a pas les mots pour dire ce qu’il ressent. Qu’il s’agisse de colère, de sentiment d’échec, ou tout simplement de jalousie à la naissance d’un frère ou d’une sœur, il ne sait pas expliquer ce qu’il ressent. Les tensions qui sont normales et évolutives sont libérées dans le dessin. Le plaisir de dessiner est donc à la fois créatif, libérateur et source d’évolution. Sachons accueillir les dessins d’enfant. Ils sont une richesse et ils sont chargés d’amour. Ils accompagnent le processus de transformation. Ils font du bien à l’enfant et ils peuvent susciter un nouveau regard pour l’adulte.
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