|
|||||||||
Il y a quelques jours, la justice française s'est prononcée dans l'affaire de "l'Arche de Zoé" en traduisant la peine tchadienne de huit ans de travaux forcés à huit ans de prison ferme. Dans ses attendus, le tribunal français a estimé que l’incrimination retenue au Tchad, c'est à dire "enlèvement d’enfants en vue de compromettre leur état civil", correspondait en droit français à la "détention et séquestration de mineurs de moins de 15 ans", crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité.
Au delà de cette décision, ce qui m'intéresse avant tout, c'est le sort de ces enfants et la façon dont nous portons notre regard sur eux.
Il est frappant de noter que dans tous les articles de presse reprenant les dernières informations au sujet de cette lamentable affaire, on continue à parler des "orphelins du
Darfour". Ces enfants n'ont jamais été orphelins. Ils n'ont jamais été blessés. Ils n'ont jamais été abandonnés. Il faut connaitre un peu la culture africaine pour comprendre comment des parents soucieux de l'avenir de leurs enfants acceptent de s'en séparer quand ils vivent dans des conditions de précarité telles qu'ils ne sont pas surs de pouvoir subvenir aux besoins essentiels de la famille. Il arrive alors que ce soit une chance pour eux, de pouvoir envoyer leurs enfants étudier dans une école coranique située parfois loin de chez eux.
Est ce que cela fait d'eux des parents monstrueux qui abandonnent leurs enfants? Non. Est ce que leur misère nous autorise à faire de l'ingérence, à juger de leur vie, à leur arracher leurs enfants pour leur "bien"? A-t-on pensé quelques instants à ces enfants qu'on sort brutalement d'un univers familier et familial, d'une culture particulière et tellement différente de la notre, d'un climat chaud et constant, pour leur offrir quoi? Un univers sans aucun point commun avec le leur. Sans doute, leurs conditions de vie sont difficiles, dures, aléatoires. Mais donnons leur les moyens de grandir, de s'autonomiser, en donnant autre chose que des leçons.
Quand je lis que ces "orphelins" sont "choyés", je ne peux m'empêcher de frémir. Ce mot, "choyés", revient à l'unisson. Je le trouve un peu fort. Et même s'il est le reflet d'une réalité temporaire, n'est ce pas de toute façon une réparation nécessaire et minimale?
Aujourd'hui, les associations qui militent en faveur de l'Arche de Zoé s'indignent que ces enfants soient toujours à l'orphelinat. Les procédures prennent du temps. On a fait avec eux déjà beaucoup de choses dans l'urgence. Ces enfants "choyés" sont en fait des enfants "traumatisés", ne l'oublions pas. Il a enfin été décidé de faire preuve d'un peu d'humanité vis à vis de ces enfants, qu'on va à nouveau replonger dans un autre quotidien. Aussi faut il du temps. A ces enfants, mais aussi, à ces familles, qui ont accepté qu'on les leur enlève pour qu'ils aillent dans un monde meilleur. Il leur faut du temps pour retrouver leur dignité. Et rentrer chez eux, dans leurs villages, pour affronter le regard des autres, et accepter qu'on les ait trompés.
Revue de presse du mercredi 19 novembre 2008
Revue de presse du vendredi 31 octobre 2008
Revue de presse du dimanche 19 octobre 2008
Revue de presse du vendredi 17 octobre 2008
Revue de presse du mardi 14 octobre 2008
Revue de presse du samedi 11 octobre 2008
Revue de presse du samedi 13 septembre 2008
Revue de presse du mercredi 3 septembre 2008
Les Nouveaux Psys
Et si la maladie n'était pas un hasard?
La maladie d'Alzheimer
Cerveau et psychanalyse
Le siècle de Freud
La résilience familiale
Eduquer ses enfants
Femmes et doudou
Happy Neuron
La Note Bleue
Le Gefab
Graap
Adaa
Le magazine Act
Vittoria Pazalle
Emétophobie
C'est ici pour saisir vos identifiants.
Inscrivez vous gratuitement et immédiatement en cliquant ici.